Concours Général Agricole – Pratiques Agroécologiques 2026 les finalistes territoriaux sont dévoilés !
23 finalistes en Prairies naturelles et Parcours / 15 finalistes en Agroforesterie en lice
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Le Concours Général Agricole des Pratiques Agroécologiques (CGA PAE) met chaque année à l’honneur des agricultrices et agriculteurs qui concilient production agricole, préservation des ressources naturelles et adaptation au changement climatique. Créé en 2014 pour la catégorie Prairies et parcours, puis en 2019 pour la catégorie Agroforesterie, le concours valorise des pratiques qui contribuent activement à la résilience des exploitations, au stockage du carbone, à la préservation de la biodiversité, et à la protection des paysages. Il est organisé au niveau national par Chambres d’agriculture France et Réseau Haies France. La catégorie "Prairies et parcours" vise à récompenser les éleveurs qui ont su trouver le meilleur équilibre agroécologique. L'évaluation repose les qualités agronomiques et écologiques de la parcelle, la diversité floristique, et la capacité du mode d’exploitation à valoriser et renouveler ces qualités.
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Les finalistes 2026 : des pratiques agroécologiques d'excellence
À l’issue d’une phase de pré-sélection territoriale, conduite de mai à octobre 2025 par un jury local propre à chaque territoire, 23 finalistes en Prairies naturelles et Parcours et 15 finalistes en Agroforesterie accèdent cette année à la finale nationale. Ils seront départagés par le jury national en janvier.
Les lauréats nationaux seront dévoilés lors de la cérémonie de remise des prix au Salon International de l'Agriculture, prévu le 25 février 2026, en présence de la ministre de l’Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté Alimentaire (sous réserve).
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Des pratiques agroécologiques au service de la production et des territoires
Zoom sur les services rendus par les éleveurs finalistes de la catégorie Prairies et Parcours
Les éleveurs finalistes jouent un rôle clé dans la préservation et la valorisation des prairies naturelles. Leurs pratiques permettent de produire un fourrage de qualité tout en assurant le maintien de l’élevage et le bien-être animal. Elles contribuent également à la préservation des paysages, à la biodiversité, au stockage du carbone et à la préservation des sols et des ressources en eau. En diversifiant les systèmes et en adaptant leurs pratiques, ces agriculteurs montrent concrètement comment production agricole et services environnementaux peuvent avancer de concert. (voir ANNEXE 2)
Focus sur les apports des agriculteurs finalistes de la catégorie Agroforesterie :
Les systèmes agroforestiers ont de multiples avantages, à la fois pour les agriculteurs, pour l'environnement et les territoires : ils stockent du carbone et abritent une biodiversité riche, dont de nombreuses espèces bénéfiques pour les cultures, comme des oiseaux prédateurs d'insectes nuisibles. Ils permettent de lutter contre les sécheresses, de prévenir les inondations, et sont favorables au bien-être animal en fournissant des abris aux troupeaux. Ils permettent également de développer des productions complémentaires pour les fermes, comme du bois énergie ou des fruits.
(voir ANNEXE 1)
Une dynamique collective pour la transition agroécologique
Ce concours est le fruit de la collaboration de deux structures co-organisatrices majeures :
- Chambres d’agriculture France qui représente les 100 Chambres d’agriculture et accompagne les agriculteurs et les territoires dans leurs projets, en favorisant la performance économique, sociale et environnementale des exploitations, le développement de l’entrepreneuriat agricole et le développement durable des territoires ruraux, tout en représentant la profession auprès des pouvoirs publics.
- Réseau Haies France, association reconnue d’utilité publique, dont la mission est de promouvoir, accompagner et mettre en œuvre des politiques globales de développement de l’arbre hors-forêt. Le Réseau Haies est constitué d’une association nationale tête de réseau, de neuf réseaux régionaux et de plus de 460 organisations membres.
Un comité d’orientation (COR), regroupant des experts du monde agricole, des ministères concernés, ainsi que des organisations environnementales, assure la bonne conduite et le suivi du concours. Ce comité comprend des partenaires tels que l’INRAE, l’Office Français de la Biodiversité (OFB), Scopela, ComeXposium ou l’Institut national de l'origine et de la qualité (INAO).
ANNEXE 1
Focus sur l’agroforesterie : des systèmes agricoles au service de l’adaptation climatique
Haies, prés-vergers associant production de fruits et pâturage des animaux, bois pâturés ou cultivés, arbres isolés, alignements d’arbres intra-parcellaires... l’agroforesterie prend diverses formes selon les climats et les territoires. En plus de contribuer à la beauté des paysages français, les arbres et les haies, associés aux cultures agricoles ou à l'élevage, offrent de nombreux avantages.
- Renforcer la résilience face aux sécheresses, au gel ou aux canicules, y compris en viticulture;
- Limiter les risques d'inondations et de ruissellements, en améliorant l’infiltration de l’eau dans les sols ;
- Améliorer le bien-être animal, grâce à l’ombrage et aux abris naturels pour les troupeaux, essentiel en cas de canicule notamment.
- Régénérer les sols, stocker du carbone et soutenir la biodiversité tout en préservant les paysages ;
- Diversifier les revenus agricoles, notamment par la production de ressource bois énergie durable, de fruits ou de biomasse.
Ces pratiques sont soutenues par les politiques publiques qui encouragent la plantation et la valorisation des haies, alignées avec les enjeux actuels de transition écologique. La loi fixe ainsi des objectifs de +50 000km de haies pour 2030
Les intérêts de l’Agroforesterie pour les agriculteurs et les territoires
Régulation climatique et amélioration de la production agricole
Les arbres et haies intraparcellaires jouent un rôle crucial dans l’atténuation des impacts climatiques. Ils agissent comme brise-vent, procurent de l’ombrage et maintiennent une humidité relative plus élevée, protégeant ainsi les cultures et les pâturages des excès climatiques. En période de sécheresse, certaines essences d’arbres fournissent du fourrage précieux pour les troupeaux.
Les haies stockent du carbone via leur bois mais aussi via leurs racines et en nourrissant le sol adjacent, réduisant ainsi l’empreinte carbone des exploitations agricoles. Ces bénéfices sont renforcés par des pratiques telles que la valorisation du bois issu des haies pour produire de la litière pour les animaux d’élevage : utilisé comme engrais, cette litière améliore la qualité des sols et contribue au cycle du carbone.
Préservation des sols et de l’eau
Les haies agissent comme un rempart contre l’érosion des sols, en particulier lors des fortes pluies : elles permettent de stocker l’eau dans le sol et de limiter l’écoulement en surface, et agissent ainsi en prévention des inondations. Cette régulation hydraulique protège les nappes phréatiques et améliore la qualité de l’eau, tout en maintenant des sols fertiles et productifs.
Biodiversité
Les arbres et haies offrent un habitat précieux pour de nombreuses espèces, favorisant ainsi la biodiversité. Ils attirent des prédateurs naturels de ravageurs des cultures, comme les oiseaux, ou des insectes auxiliaires, réduisant le recours aux pesticides.
Bien-être animal
En élevage, les arbres améliorent le bien-être animal en atténuant les écarts de température dans les prairies, en fournissant un abri ou le l’ombrage pour les troupeaux.
Valorisation
Les arbres de systèmes agroforestiers peuvent être utilisés pour diversifier les débouchés des agriculteurs et créer des filières vertueuses : les pré-vergers et haies fruitières permettent une production de fruits, souvent transformés à la ferme ou dans des filières de qualité. Les haies produisent également du bois qui peut renforcer l’autonomie énergétique de la ferme, ou être valorisé dans des filières locales de bois énergie.
Enjeux et perspectives
Malgré ses atouts, la haie et l’agroforesterie restent sous-utilisées en France. Des initiatives se mettent en place pour la développer, en réhabilitant et diffusant les savoirs techniques associés, et en créant des filières de valorisation de ses produits, et notamment du bois-énergie. La plantation de haie se développe, et permet de créer des dynamiques territoriales vertueuses. Des labels comme le Label Haie ou le Label Bas Carbone viennent reconnaitre et valoriser les démarches de gestion de ces systèmes agroforestiers.
ANNEXE 2
Les prairies naturelles : un écosystème clé au cœur des territoires
La diversité floristique contribue directement à la production d'un fourrage de qualité satisfaisant les besoins du troupeau et les objectifs de productivité des éleveurs. Elle fournit également des services écosystémiques multiples. Ainsi, le maintien d'une biodiversité riche est le garant de prairies productives et résilientes.
Qualité des produits agricoles
Les prairies permanentes produisent un fourrage de haute qualité, très apprécié des animaux, qui influence positivement la santé et la production animale. Les régimes riches en herbe améliorent également la composition nutritionnelle des produits laitiers et carnés, réduisant les acides gras saturés et augmentant les acides gras polyinsaturés.
Elles participent à l'élaboration de produits sous AOP, tels que les laits, fromages et viandes, où la diversité floristique contribue à enrichir les qualités nutritionnelles, gustatives et aromatiques. Ce lien entre la qualité des prairies et celle des produits est reconnu et valorisé par des concours et des labels (AOP, IGP, Bio, etc.), qui renforcent également la commercialisation de produits locaux et durables. La diversité floristique des prairies contribue à la santé animale grâce aux tannins antiparasitaires et aux antioxydants, augmentant ainsi la productivité et le bien-être des animaux.
Biodiversité et résilience des prairies
Les prairies et parcours sont des réservoirs de biodiversité. Ils accueillent une multitude d’espèces végétales et animales, notamment des pollinisateurs essentiels à l’agriculture et des espèces auxiliaires qui régulent les ravageurs. La diversité floristique des prairies garantit leur productivité et leur résilience face aux aléas climatiques. Les nombreuses espèces végétales assurent des services écosystémiques essentiels : amélioration de la santé animale via des propriétés antiparasitaires, maintien de pollinisateurs indispensables, et régulation naturelle des sols et des eaux. Ces pratiques agricoles favorisent une agriculture durable, soutenue par des dispositifs nationaux comme la Politique Agricole Commune (PAC) à travers la conditionnalité des aides, les Mesures Agroenvironnementales et Climatiques (MAEC), qui permettent de maintenir l'équilibre agroécologique des prairies et parcours au sein des exploitations qui y souscrivent, ou encore l'écorégime, qui permet de favoriser le non-labour des prairies permanentes. Enfin, les paiements pour services environnementaux (PSE) , permettent quant à eux de mieux rémunérer les contributions environnementales apportées par le monde agricole. Les prairies figurent également dans certains cahiers des charges de produits labellisés AOP et s’imposent de plus en plus comme gages de qualité.
Services écosystémiques et adaptation climatique
Les prairies naturelles contribuent activement à la lutte contre l’artificialisation des sols, en occupant des espaces à fortes contraintes (pentes, sols hydromorphes) où les cultures mécanisées sont peu adaptées. Leur capacité à stocker du carbone, à filtrer l’eau et à réduire l’érosion des sols les rend particulièrement précieuses dans un contexte de changement climatique. Les racines diversifiées des prairies favorisent une meilleure rétention de l’eau, bénéfique en période de sécheresse, et assurent un équilibre écologique durable.
Spécificités régionales et valorisation des territoires
Les prairies se distinguent selon les régions.
- Zones montagneuses : Les prairies de montagne soutiennent la production de produits de qualité (ex. AOP Saint-Nectaire), valorisent les paysages et limitent l’enfrichement. Les zones de montagne étant des territoires avec des contraintes physiques (altitude, pente, sols, climat, etc.) ou des fragilités socio-économiques, l’élevage d’herbivores permet de valoriser les surfaces et de contribuer au maintien d'une activité agricole dans ces zones sensibles. Elles réduisent les risques d’incendie, tout en participant à des usages secondaires, comme la rétention de neige pour le tourisme hivernal.
- Milieux humides : Les prairies inondables, comme celles de Brière en Bretagne, maintiennent une productivité herbagère élevée tout en conservant une flore et une faune diversifiées. Elles favorisent l’équilibre écologique et limitent l’expansion d’espèces invasives. Ces prairies humides étant également menacées d'intensification agricole et de déprise, les pratiques extensives des éleveurs contribuent à leur maintien.
Enjeux et perspectives
Reconnaissant leurs apports écologiques, les prairies bénéficient d’un soutien accru à travers la PAC, le Plan national Biodiversité et les paiements pour services environnementaux (PSE). Par ailleurs, un plan national en faveur de la conservation des prairies est en cours d'élaboration. En fonction des objectifs fixés, le plan présentera un programme d'actions à mettre en oeuvre en matière de connaissance, de gestion, de restauration et d'information sur les prairies, tout en faisant ressortir les besoins nouveaux notamment dans le contexte des changements globaux.
Les prairies permanentes et les parcours jouent un rôle crucial dans les systèmes agricoles français, en contribuant à la qualité de l'alimentation des animaux et des produits agricoles, au maintien et développement de la biodiversité, ainsi qu'à la résilience des exploitations face aux changements climatiques.
Elles couvrent un tiers de la surface agricole française, avec une présence majoritaire dans les massifs montagneux, où elles constituent la principale ressource alimentaire des herbivores. Bien que ces territoires soient menacés par l'intensification agricole et la déprise de l'élevage, le maintien de l'activité des éleveurs et des pratiques de pâturage et de fauche est central pour préserver ces espaces prairiaux, qui constituent des réservoirs de biodiversité et qui fournissent de multiples services environnementaux.
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