L'information élevage par l'Alliance Pastorale

Ne laissez pas les parasites compromettre la future saison

Situation sanitaire Janvier / Février 2026

Les dernières données coproscopiques et d’autopsies faites au laboratoire de l’Alliance Pastorale révèlent une cohabitation parasitaire complexe dans les troupeaux ovins en cette dernière période 2025 et le début d’année 2026. L’association de la petite douve, des strongles et des paramphistomes constitue un défi majeur pour le maintien de l’état corporel des brebis.


Cf Bulletin de l'Alliance Pastorale N°973 - Février 2026


Où se développent ces parasites ? 

Le risque varie selon la nature de vos parcelles et l’historique climatique :

- La petite douve se développe préférentiellement dans des milieux secs ou drainants, sur des sols calcaires. Contrairement à d’autres douves, son cycle passe par des fourmis et des petits escargots terrestres qui supportent bien la sécheresse. 

- Le paramphistome, à l’inverse, nécessite des zones humides (prairies inondables, bords de ruisseaux, zones de sources ou de piétinement autour des bacs à eau). Son hôte intermédiaire est un petit escargot aquatique, le planorbe. Un automne pluvieux ou un hiver doux favorisent la survie de ces larves dans l’herbe.

- Les strongles digestifs, ont un cycle direct, sans besoin d’hôtes intermédiaires ce qui facilite leur développement. Ils ont besoin de pluie et d’une météo douce. Le froid et la neige entravent leur développement.


Pourquoi ils sont dangereux ?

La petite douve est particulièrement pathogène en fin de gestation. En obstruant les canaux biliaires, elle bloque les sécrétions du foie et complique la croissance et le développement des nouveau-nés et la préparation de la lactation. Nos analyses montrent que ce risque est bien présent sur le terrain, avec une détection systématique lors des autopsies de brebis réalisées sur la période.

Les paramphistomes sont plutôt pathogènes dans leur stade immature, quand ils se trouvent dans l’intestin grêle et quand ils apparaissent massivement. On observe une diarrhée profuse, déshydratation, amaigrissement, poil piqué et faiblesse en général.

Quand et avec quoi il faut traiter ?

D’après la saison et les résultats des analyses coproscopiques, c’est le moment de traiter la petite douve. Attention : ne traitez pas si les animaux se trouvent dans le premier tiers de gestation, puisque l’albendazole à forte dose (nécessaire pour le traitement de la petite douve) est tératogène et présente un grand risque de malformations sur le fœtus.

D’un autre côté, les analyses montrent une forte présence de paramphistomes. En présence de petite douve, cette infestation provoque une chute de la production et un amaigrissement qui pénalise fortement les animaux, rendant difficile la reprise d’un bon état corporel (objectif 2,5-3).

L’hiver est le moment idéal pour traiter les animaux contre ces deux parasites et contribuer à un bon démarrage au printemps.

  • Si vous avez les deux parasites  : il est préconisé de faire un traitement hépatoprotecteur avec l’alimentation pendant 5 jours (Nutri AP hepato) suivi d’un traitement avec une oxyclozanide.
  • Si vous êtes sur un terrain sec (où le paramphistome est rare) et que les analyses ne montrent que de la petite douve : l’albendazole est préconisé



Laissez vous conseiller !!

N’hésitez pas à contacter votre vétérinaire conseil qui connaît votre élevage et qui vous aidera dans le choix du produit et la posologie à appliquer.

Il faut évaluer et tenir compte : du parasite à traiter, de l’état corporel des animaux,  du stade physiologique du troupeau, du dernier traitement effectué, de la réponse immunitaire du troupeau, etc.

Ensuite, 15 jours après avoir effectué le traitement antiparasitaire, je vous conseille de refaire une analyse coproscopique pour effectuer un nouveau comptage d’œufs et évaluer l’efficacité du traitement.


Silvia Carrio Durich

Beritovet

Dr Vétérinaire


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