L'information élevage par l'Alliance Pastorale

Sécheresse et parasitisme : les apparences sont trompeuses

Situation sanitaire Septembre/Octobre 2026

La sécheresse qui sévit sur la quasi-totalité du territoire oblige à la distribution de fourrages conservés depuis de longues semaines. La consommation importante de ces fourrages distribués et l’absence apparente de consommation d’herbe donnent à de nombreux éleveurs la sensation que la contamination des animaux par les parasites internes est faible. Or les apparences sont trompeuses et la réalité est fort différente. Pour s’en convaincre, il suffit de regarder les pourcentages d’analyses coproscopiques retrouvées positives pour les strongles gastro-intestinaux (SGI) sur le dernier mois (voir page 2), plus importants, par comparaison, que ceux de l’été 2025. Et pour nous, vétérinaires qui rappelons systématiquement les éleveurs engagés au PSE de l’Alliance pour interpréter avec eux ces analyses, il suffit de voir le nombre de celles qui ressortent avec des excrétions positives en œufs de SGI, parfois à  plus de 1000 opg (œufs par gamme de fèces). S’ajoutent à ces excrétions celles d’œufs de petites douves et de ténia, toujours importantes en situation de sécheresse.

(CF Bulletin de l'Alliance N°980 - Octobre 2026)

L’explication de ces excrétions (et donc des contaminations) fortes en SGI, réside dans le fait que même en situation de rareté de l’herbe, les animaux continuent à pâturer et à consommer le moindre brin de végétation. Or qui dit quantité d’herbe disponible plus faible, dit concentration des larves infestantes plus importante, d’autant que les animaux sur-pâturent autour des râteliers et sur les zones qui présentent un peu plus de disponibilité en herbe. 


En conséquence, il convient de ne pas se laisser tromper par les apparences, souvent renforcées par un état corporel correct des animaux, conséquence de la distribution de fourrages, et d’être particulièrement vigilant, d’autant que la période des premières mise-bas a sonné. Le recours systématique à des prélèvements de fèces et aux analyses coproscopiques pour faire le point sur les infestations est ainsi vivement recommandé.


A noter également plusieurs analyses coproscopiques positives à la grande douve, résultats semblant paradoxaux en période de sécheresse. Mais n’oublions pas que, pour ce parasite, une saison (trois mois) sépare la contamination de l’apparition des signes cliniques éventuels et des copros positives qui peuvent les accompagner. Là encore vigilance !


A noter également le nombre important de cas de signes respiratoires sur les agneaux, au pâturage comme en bâtiment. Là encore, les résultats de nos autopsies montrent que les conséquences peuvent être malheureusement importantes. Là encore, les conditions climatiques et leurs conséquences (poussière au pâturage, températures ambiantes excessives et manque de ventilation en bâtiment, coup de chaleur en intérieur comme en extérieur) ne sont pas étrangères à ces signes. Au pâturage comme en bâtiment, des supplémentations spécifiques permettent aux organismes des animaux de mieux s’adapter au stress thermique et de limiter les coups de chaleur (ALIMAL REGUL-HEAT 0200736 ) et leurs conséquences zootechniques et cliniques. A la rentrée en bâtiment, il ne faut pas hésiter à mettre en place une complémentation qui améliore la respiration et stimule l’immunité (PUMATOP 0106002 , PHYT-AP PULMO 0110024 poudre ou liquide 0110025). Enfin la nébulisation d’huiles essentielles (MIP 0112007 ), ou leur pulvérisation sur la litière, peuvent permettre d’améliorer l’ambiance des bâtiments et de soulager les animaux. Sur ce dernier point, des essais sont en cours dans plusieurs élevages dans le cadre du projet SIROCCO, qui vise à sécuriser durablement les systèmes ovins face aux périodes critiques de fortes chaleurs et de sécheresse estivales. Nous ne manquerons pas de vous tenir informés des résultats de ces essais.



Laurent Saboureau
Dr Vétérinaire

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