- Par FSDS
Le bien-être du chien
« On peut juger la grandeur et la valeur morale d’une nation à la façon dont elle traite ses animaux »
Gandhi
Le bien- être animal, notion en vogue dont tout le monde parle sans avoir le même ressenti.
Parfois excessif quand il est anthropomorphique, parfois raillé quand il est nié.
Les bons sentiments, l’éducation, les valeurs individuelles induisent des perceptions différentes et des conflits stériles qui nuisent à la notion même de bien-être animal.
Pour être cohérent et pertinent, appuyons sur une définition scientifique : « le bien-être animal, c’est répondre aux besoins physiologiques et éthologiques d’une espèce. »
Besoins physiologiques
Alimentation
Choisir un aliment pour son chien est souvent un casse tête. Le marché du pet food regorge de marques et de gammes et il est difficile de s’y retrouver.
Voici quelques éléments pour faire votre choix :
Ne nous leurrons pas, un aliment de qualité a un coût ! Il ne faut pas se fier au prix au kilo ou au sac mais à la ration, en effet, on donnera une quantité moindre d’un aliment de qualité qui sera par conséquent plus rentable. Apprenons donc à lire une étiquette :
Un aliment doit fournir la composition analytique du produit fini et la liste des ingrédients par ordre d’importance.
- Le terme « viande » est interdit par la législation européenne depuis 2017 sauf si le fabricant utilise du muscle (filet de poulet par exemple), qui est généralement réservé à la consommation humaine.
- Le qualificatif de viande « fraîche » ou « crue » est interdit par la législation européenne sauf si le fabricant précise le morceau utilisé et l’espèce concernée. Attention « viande fraîche » est composée à 75 % d’eau.
- Le terme « sous-produits » est injustement dénigré car à tort confondu avec la peau, les poils et les plumes. Or, il n’en est rien : les sous-produits sont les morceaux de carcasse propres à la consommation humaine mais que la filière humaine ne valorise plus, comme les abats par exemple.
Attention, les termes « naturel », « biologiquement adapté », « fraîchement cuisiné », « recommandé par les vétérinaires » sont des trouvailles marketing sans valeur ajoutée et difficiles à vérifier par le consommateur non averti.
Les besoins nutritionnels
Avant toute chose, n’oubliez pas d’évaluer l’état corporel de votre chien : les côtes sont facilement palpables, la sangle abdominale est tonique et forme une ligne courbe. On peut sentir les épines vertébrales dorsales en appuyant légèrement. Sur l’arrière-main de l’animal, qui doit être la plus musclée, les saillies osseuses des vertèbres sacrées et du bassin ne saillent pas mais sont localisables par palpation. La taille dessine un sablier vue du dessus.

Le chien trouve principalement son énergie dans les protéines, les glucides et les lipides. Les fibres constituent une variable d’ajustement : en fonction du besoin en fibres de l’animal, on peut apporter grâce à elles 5 à 15 % de l’énergie nécessaire.
Le besoin énergétique journalier (= BEJ) pour qu’un Border Collie de 15.5 kg se maintienne (=métabolisme de base) est d’environ 830 kCal/jour.
Le chien valorise mal l’énergie par rapport au chat et à l’homme.
Tableau 1
Prophylaxie sanitaire
- Les lieux d’hébergement : Un chenil doit faire au moins 5 m², être isolé des intempéries (chaleur, pluie et froid) et fabriqué dans des matériaux solides, lisses, imputrescibles et non poreux afin de favoriser son entretien.
Un nettoyage quotidien avec un produit détergent et une désinfection hebdomadaire sont nécessaires pour préserver la santé de vos chiens.
Dans l’idéal, un chenil est individuel disposant d’une niche ou d’un panier confortable et évidemment de l’eau à volonté…
Si le chenil est essentiel pour mettre son chien au repos et le mettre en sécurité, cela ne doit pas être une prison ! Il doit en sortir tous les jours au moins 2 heures.

Prophylaxie médicale
Un traitement médical doit être administré sous contrôle vétérinaire et pour être efficace, le protocole d’administration doit être scrupuleusement respecté.
La vermifugation
Les vermifuges permettent de lutter contre les parasites internes qui provoquent des troubles digestifs, respiratoires, parfois neurologiques et des retards de croissance chez les chiots.
Le protocole d’administration dépend du stage physiologique de votre chien :
| Chiot de la naissance à 2 mois | Tous les 15 jours |
| Chiot de 2 mois à 6 mois | Tous les mois |
| Adulte | 3 fois par an |
| Chienne mise à la reproduction | En début de chaleur, en fin de gestation puis avec ses chiots. |

La vaccination
La vaccination est une mesure sanitaire individuelle mais aussi collective, protéger son chien c’est aussi protéger les autres.
- Les vaccinations classiques

- Les vaccinations spécifiques

Les anti parasitaires
La lutte contre les parasites externes (puces, tiques, moustiques) du printemps à l’automne est essentielle. C’est à la fois une problématique sanitaire, ils sont transmissibles à l’homme et sont vecteurs de maladies. Les chiens de protection qui vivent avec les animaux de rente y sont particulièrement vulnérables.
Les anti parasitaires existent sous forme de colliers, pipettes ou de comprimés. Le respect du protocole (pose, durée) est essentiel pour être efficace.

Confort corporel

Sans verser dans la sensiblerie, nos chiens de travail sont de vrais athlètes. Pour que leurs performances soient optimales, leur confort corporel est à considérer avec les moyens suivants :
- Un matelas mémoire de forme dans la niche ou le panier ainsi que dans la caisse de la voiture.
- Pendant la garde, un manteau qui protège du froid et de l’humidité.
- L’entretien des griffes et des coussinets pour avoir de bon aplombs.

- Une séance d’ostéopathie annuelle chez un vétérinaire diplômé.

Besoins éthologiques
Contacts sociaux
Le chien est un être social qui a un besoin vital d’interactions intraspécifiques et interspécifiques :
- Quand il s’agit des relations avec les congénères, soyez sélectif, les interactions doivent être agréables pour votre chien et non subies sous peine de rendre votre chien intolérant aux congénères.
Privilégiez en particulier pour les chiots des contacts avec des individus bien codés, bon communiquants et patients.
Attention néanmoins que la source de plaisir de votre jeune chien ne vienne pas que des copains, sous peine que votre chien vous ignore car vous ne représentez rien à ses yeux.
Les temps de contacts avec les congénères doivent être maîtrisés et ne dispensent pas de consacrer des temps individuels avec son chien.
- Votre chien doit aussi être à l’aise avec vos proches et d’éventuels visiteurs. Par conséquent, l’humain doit toujours être associé à quelque chose d’agréable.
Par exemple, investissez vos enfants auprès des chiens de l’exploitation : nourrissage, promenade, jeux…. Bref toute interaction positive qui renforcera leur lien et limitera les accidents.
Exploration olfactive
Le chien vit dans un monde d’odeurs, explorer de nouveaux environnements, chercher sa nourriture sont autant de dépenses mentales pour lui.
Une promenade quotidienne en dehors de l’exploitation lui permettra de se dégourdir les jambes à vos côtés et de vous positionner comme son référent.
Une recherche de croquettes dans l’herbe transforme un repas banal en festival olfactif !
Mastication
Un chien et en particulier un chiot explore son environnement avec sa mâchoire. Pour éviter qu’il s’en prenne à vos possessions terrestres ou à ses propres affaires, proposez lui des « machouillages » : jouets (style Kong), os du boucher.
C’est aussi un bon moyen pour lui faire aimer son chenil ou la caisse dans la voiture.
Activités mentales
L’ennui est l’ennemi numéro 1 de nos chiens, le Border en plus des dépenses physiques a aussi un besoin impérieux de dépenses mentales. Travailler à vos côtés sur l’exploitation permet de répondre évidemment à ce besoin.
Mais en cas de période de chômage technique pour votre chien, vous pouvez lui proposer des activités de stimulations mentales comme l’apprentissage de petits tours amusants ou lui faire faire des parcours du combattant : monter, sauter, passer dessous des obstacles naturels forcément présents dans votre exploitation.
Ces stimulations intellectuelles, en plus d’éviter l’ennui à votre chien, développeront votre complicité et votre lien.
Elsa Penel, enseignante en zootechnie avec l’aide précieuse de
Grégory Bielle Bildalot
