- Par Laurent Saboureau
Gestion pratique des résistances aux antiparasitaires
Retour en images et en commentaires sur la présentation réalisée par les vétérinaires du Pôle Santé Animale de l’Alliance Pastorale lors du salon Tech-Ovin, qui s’est déroulé à Bellac (87) les 3 et 4 septembre derniers.
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Ce diaporama a été présenté sur le nouveau Pôle Santé installé sur le Salon Tech-Ovin et animé par GDS France.

Par mutation génétique, certains strongles gastro-intestinaux deviennent résistants à des doses d’antiparasitaire jusque-là létales pour eux. Quand plus de la moitié des parasites d’une population de strongles possèdent des allèles de résistance, celle-ci devient irréversible dans le troupeau.

Quand une population de strongles est devenue résistante à une molécule antiparasitaire, cette résistance concerne l’ensemble des molécules de la même famille. Or seules 5 familles existent sur le marché… Attention danger !

L’usage répété d’une même famille d’antiparasitaire, tout comme les sous-dosages liés à un mauvais réglage du pistolet drogueur ou de la seringue, un non-respect de la posologie figurant sur le Résumé des Caractéristiques Principales (RCP) du médicament, une sous-estimation du poids des animaux traités ou un défaut d’homogénéisation pour les suspensions antiparasitaires, favorisent le développement des résistances. C’est également le cas de toutes les pratiques d’élevage qui vont favoriser la contamination des animaux ou la survie préférentielle des parasites résistants (cas du changement de pâture juste après un traitement).

Des signes cliniques ou zootechniques persistants après un traitement peuvent alerter sur une éventuelle résistance. Seul un contrôle après traitement ou en test de réduction d’excrétion des œufs fécaux (FECRT) permettront de différencier une résistance vraie d’une simple non-efficacité liée à une erreur de traitement.

Comparer les résultats d’une copro de mélange réalisée sur 10 prélèvements quelques jours après traitement à ceux obtenus sur les mêmes animaux prélevés avant traitement permet de vérifier l’efficacité ou non de celui-ci et de confirmer éventuellement une suspicion de résistance. Simple et efficace. N’hésitez pas à en parler avec votre vétérinaire.

Les résultats des tests FECRT menés par le Pôle Santé Animale dans des élevages où sont suspectés des résistances confirment une situation dégradée dans ces élevages pour trois familles d’antiparasitaires. Certains de ces troupeaux présentent des résistances à plusieurs familles d’antiparasitaires.

La conduite du pâturage est une des solutions pour gérer les résistances et limiter leur développement. Elle peut permettre de détruire les larves infestantes sur la pâture (labour, récolte de fourrage), permettant l’utilisation de ces parcelles pour les animaux les plus sensibles (jeunes, hautes productrices). Il s’agit également de limiter les infestations en évitant le surpâturage (maîtrise du chargement et des hauteurs d’herbe, rotation de pâture). Il convient également de maintenir les animaux sur pâture juste après traitement, afin de ne pas contaminer la nouvelle pâture avec une population de strongles tous résistants.
Concernant les traitements, la règle des 4 B doit être respecter : traiter au Bon moment, les Bons animaux, avec le Bon produit utilisé selon la Bonne pratique.

Le traitement ciblé consiste à traiter uniquement lorsque cela s’avère nécessaire en prenant en compte l’état des animaux, les facteurs de risque et le résultat des analyses coproscopiques. Plus que jamais, le dialogue entre l’éleveur et le vétérinaire est ici indispensable.

Le traitement sélectif repose sur le traitement d’une partie seulement des animaux, identifiés selon différents critères (signes cliniques, zootechniques, copro individuelles) comme impactés négativement par leur parasitisme, afin d’utiliser les animaux non traités comme refuges pour les parasites sensibles et maintenir ainsi dans l’élevage un équilibre entre les populations de parasites résistants et sensibles.

Le Pôle Santé Animale a mis en place un code couleur des familles d’antiparasitaires, présenté dans une plaquette spécifique remise aux éleveurs engagés au PSE de la coopérative, et facilitant l’alternance des familles. Des gommettes de couleur à coller sur les médicaments permettent aux éleveurs d’identifier les familles présentent dans leur pharmacie.

Bonne pratique ? Traiter le lot d’animaux selon le poids des animaux les plus lourds, relire les conditions d’utilisation du médicament (y compris la posologie) avant chaque traitement, vérifier le réglage du pistolet avant et pendant le traitement…

Pour conclure l’intervention, voici une présentation du document d’évaluation du risque parasitaire mis en place par le Pôle Santé Animale, remplissable avec son vétérinaire, son technicien ou en auto-évaluation.